... c'est vous !
C'est ce qu'a l'air de penser Google, en tout cas.
Son outil Google Image Labeler fait appel aux internautes pour labeliser (tagguer) les images.
Jusqu'ici, les outils récents offraient en contre-partie de votre capacité de synthèse un service, comme les gestionnaires de signets de type Del.icio.us qui vous permettent de consulter depuis n'importe quel endroit vos
Ici vous n'avez aucune contre-partie directe. Il fallait bien en créer une pour attirer les internautes, et c'est l'aspect ludique (limite et même étrangement addictif) qui émerge.
Bien, sur, à l'instar des Wikis, le "travail" des internautes leur revient à travers la qualité des requêtes sur Google Images, mais jamais l'impression de fournir une prestation sans contre-partie n'a été aussi forte.
Il y a d'autres projets similaires qui font appel à votre capacité de reconnaissance d'image, mais à finalité peut être plus éthique. Ainsi, le projet FlickrLickr de Wikipedia vous permets de contribuer également à l'indexation des images, dans le but d'une intégration dans l'encyclopédie en ligne.
Les 2 projets sont similaires mais différents. Google veut "tout" indexer, tandis que Wikipedia souhaite se concentrer sur la qualité. C'est la différence entre les 2 outils d'accès à la connaissance, l'un structuré, l'autre pas.
Mais c'est moins bien que si c'était mieux, car ces outils pourraient même se révêler complémentaire. En effet, Google Images propose de limiter ses recherches aux seules images libres de droits. De la à imaginer qu'il pourrait proposer la même option au participants de son grand jeu d'indexation, il n'y a qu'un pas. Gageons que beaucoup se sentiraient plus à l'aise s'ils avaient en ligne de mire une finalité : rendre le contenu libre plus pertinent.
Pour aller plus loin, on peut constater en faisant quelques séances ludiques d'indexation par mot clef (c'est long, l'équivalent francophone pour tagging !), que l'approche consistant à confronter les mots clefs de 2 utilisateurs est extrèmement pertinente, tant les façons d'appréhender le contenu d'une image sont différentes.
Certains décrivent l'image en quelques mots clefs, quand d'autres commencent par égrèner les synonymes de l'élèments principal.
On touche aussi les limites du tagging sans finalité. Un utilisateur qui taggue ses photos n'utilisera pas ou peu les mots génériques comme "Mer" "Plage" "Un homme" "Voiture". Ses tags ne sont d'aucune utilités pour les autres, à moins qu'il intègre dès le début cette finalité.
On peut retrouver le même genre de limite dans les réseaux sociaux de liens. Bref, cette notion de label, d'indexation manuelle aussi populaire soit elle, n'est pas encore complètement digérée sur Internet, alorsqu'elle était à la base du travail des archivistes passés.
